03.05.2012

Pour François Hollande le silence est d'or, pas la règle

Tous les medias publient  les dépenses non chiffrées des candidats qui seraient à un milliard d'euros près les mêmes. Ceci ne doit pas occulter les économies prévues par l'un et l'autre, qui sont substantielles pour Nicolas Sarkozy et inexistantes pour François Hollande.

 

Que les dépassements soient du même ordre de grandeur ne veut pas dire que les dépenses totales soient identiques et encore moins les budgets prévisionnels. Là où le président envisage, grâce à 40 milliards d'euros de recettes fiscales déjà votées et surtout 75 milliards d'euros de réduction des dépenses de l'État et des collectivités un retour à l'équilibre en 2016 et notamment le retour du déficit en dessous des 3 % du PIB dès 2013, ce qui permettrait de stabiliser la dette, le candidat socialiste, lui, se contente d'augmenter encore plus les impôts et n'envisage aucune mesure significative d'économie, comptant sur la croissance et l'inflation pour redresser les comptes.

Il reste peu disert sur le sujet, sauf ces jours-ci où il a cru bon de relayer les déclarations de Mario Draghi pour un pacte de croissance. Hélas, pour lui, cette déclaration du président de la BCE avait pour but de promouvoir une croissance durable et pérenne, s'appuyant la poursuite des réformes structurelles préalables, en premier lieu dans le secteur public, celles dont le candidat socialiste ne veut pas entendre parler, maintenant une grande partie de l'opinion publique dans le déni, ce qui ne peut que favoriser les extrêmes.

Nicolas Sarkozy, qui a lancé la RGPP et maîtrise parfaitement la problématique du désendettement nécessaire, a parfois du mal à se faire entendre sur ce sujet dans le brouillage médiatique de cette fin de campagne. Son adversaire du second tour aurait tout à gagner à l'écouter : il comprendrait alors qu'être élu n'est pas une fin en soi, et que par son silence sur l'ampleur de l'effort à fournir, qu'il fera sans doute mine de découvrir après l'audit de comptes publics pourtant déjà audités en permanence par la Cour des comptes, il prive le pays du débat qu'il mérite sur ce sujet crucial.

Au vu de notre trop lourd endettement, atteindre la règle d'or budgétaire est intangible et les mesures pour y parvenir sont incontournables et connues. Le futur président devra les mettre en œuvre immédiatement sauf à faire entrer la France durablement dans la récession. Le silence de François Hollande n'augure rien de bon sur le sujet en cas de victoire de la gauche : il pourrait bien, s'il est élu, être le président du déclin.

Elisabeth Guigou, la compétitivité et les Chinois

 

Lors d'un débat sur une chaine d'information continue, Elisabeth Guigou soutenait que la compétitivité en France n'était pas un problème de coût du travail mais plutôt celui du manque de fonds propres des PME qui les empêche d'atteindre la taille critique des fameuses ETI allemandes.

 

Sur ce dernier point , tout le monde semble d'accord mais les deux formes de compétitivité ne sont pas antinomiques bien au contraire, comme tentait avec bon sens de le rappeler face à elle  Eric Woerth, sans cesse interrompu.

Nous avons un problème de compétitivité-coût en France et le différentiel que nous avions par rapport à l'Allemagne dans l'industrie qui correspondait à 10% voilà 10 ans a disparu, en partie à cause des 35 heures, nous mettant au même niveau que les Allemands avec des produits de qualité souvent inférieure.

N'en déplaise à Madame Guigou, même les Chinois qui s'intéressent de près à l'élection française, estiment par la voix de l'agence officielle Chine nouvelle que "le prochain occupant du palais de l'Élysée devra adopter un réalisme politique et prendre en main les problèmes du pays en s'engageant dans de sérieuses réformes sociales afin de relancer la compétitivité de la France et lui permettre de percevoir la mondialisation comme une opportunité plutôt que de la dénoncer comme une menace".

Nicolas Sarkozy, en reportant sur la TVA une partie des charges sociales, a commencé à améliorer la compétitivité. D'autres réformes seront nécessaires dans le prochain quiquennat.

Souhaitons, si jamais François hollande devait être élu, qu'afin de les mener, Madame Guigou ne soit pas ministre du travail !

23.04.2012

L'heure de vérité approche pour François Bayrou

S'il est élu, Hollande assure qu'«il n'y aura pas d'ouverture», voilà qui est clair. Pas d'alliance possible avec le Modem à priori. Une porte se ferme pour François Bayrou qui ne pourra plus dans l'entre-deux-tours rejouer le scénario en demi-teinte de 2007, avec Ségolène Royal à l'époque.

 

Il ne lui restera plus que deux possibilités au lendemain du premier tour : retourner à son splendide isolement, comme au cours de ces 5 dernières années, ou bien appeler à voter Nicolas Sarkozy. Il quitterait alors sa posture d'éternel donneur de leçons pour jouer enfin un rôle dans le redressement du pays.

S'il ne se prononce pas, il n'aura aucune chance de recomposer la famille centriste à l'explosion de laquelle il a contribué par son comportement ambigu de 2007. François Bayrou, élu depuis des décennies dans une majorité de droite étendue au centre, avait rompu l'alliance, refusant tout dialogue avec Nicolas Sarkozy et laissant les élus de sa famille dans le désarroi.

L'occasion lui sera vraisemblablement offerte dans le prochains jours d'afficher une position forte, étayée par son analyse de l'état du pays et des mesures nécessaires. Celle ci est en effet bien plus proche de celle de l'actuel Président que de celle de François Hollande, qui par son déni de l'ampleur de l'effort à fournir pour poursuivre le rétablissement des comptes, notamment dans le domaine des dépenses publiques, risque d'emmener la France dans une impasse ruineuse.

S'il prend la position responsable qu'on est en droit d'attendre d'un homme politique aspirant aux plus hautes fonctions, il aura alors toutes les chances de rassembler la famille centriste éparpillée, sinon il retournera dans sa tour d'ivoire béarnaise.

2012 n'est pas 2007 et plus que jamais, l'heure de vérité approche pour François Bayrou..