31.01.2011

Grand Paris : que reste-t-il du souffle initial ?

En mai 2008, la création du Secrétariat d'Etat au développement de la région capitale  (devenu depuis le Grand Paris) visait à "permettre à la France de tenir son rang dans la compétition des territoires en faisant de sa capitale une ville monde".

Le projet de loi qui en a découlé, après le travail discret et pharaonesque de Christian Blanc et de son équipe précisait que "Le Grand Paris a pour objet de susciter, par la création d’un réseau de transport public de voyageurs unissant les grands territoires stratégiques de la région Île-de-France, le développement économique(...)de la région capitale, au bénéfice de l’ensemble du territoire national." C'est bien le développement économique qui était visé, conformément à l'objectif initial : des pôles de développement à dimension internationale étaient identifiés dans le schéma directeur du projet. Le réseau de transport était l'armature mais non la finalité.

Cette approche économique et mondiale a fait à l'époque l'objet d'une prise de conscience tardive de la Région, qui , tachant de rattraper l'Etat dans son analyse, présentait dans le SDRIF de septembre 2008 une volonté de "consolider un ensemble de pôles économiques forts, clairement identifiés et attractifs à l’international" , mais seule la Défense etait citée..ainsi que des généralités sur "le développement numérique,...,l’appui à la création et à l’expérimentation dans le domaine des industries créatives,..., l’anticipation de la transition écologique"

Après des mois d'affrontement, un accord a  été trouvé entre l'Etat, représenté par le ministre de la Ville Maurice Leroy, et la région, en la personne de son président socialiste Jean-Paul Huchon.

Doit-on s'en féliciter ?

Il s'agit pour l'essentiel de la fusion entre le projet de métro Grand Paris du gouvernement, et le système Arc Express de la région  (Grand Paris Express  )obtenue en négociant avec les élus locaux par le nouveau ministre avec l'entregent dont il est coutumier. Et mêmes si quelques voix discordantes s'élèvent (comme celle d'Annick le Petit , plutôt à l'arrière-garde sur ce dossier) certains élus locaux tirent plutôt bien leur épingle du jeu. Il faut citer à cet égard la performance de Brigitte Kuster, Maire du 17e, qui a réussi, envers et contre presque tous, à imposer un arrêt à Cardinet pour le plus grand bénéfice des habitants.

Le communiqué de l'accord précise que "Le Grand Paris Express sera l'ossature de développement des territoires d'Ile-de-France afin de construire la métropole de demain, la ville-monde souhaitée par le président de la République". L'esprit initial du projet est donc rappelé, mais aucune référence n'est faite aux pôles de développement pressentis par Christian Blanc.
Une étape est franchie, en espérant que le réseau finalement retenu viendra s'inscrire dans un schéma de développement global de la métropole : beaucoup reste encore à faire pour passer du "Grand Paris Express" à la ville monde voulue par le Président de la République qui nécessitera une vision d'ensemble.


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