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25/02/2013

Pas de retour à la croissance sans le Grand Paris

Le Grand Paris, principal moteur économique de la France, est à l'arrêt. La rigueur budgétaire sans réformes structurelles et les efforts sur la compétitivité et la flexibilité du travail ne suffiront pas à relancer la croissance : le déficit dérape, la dette et le chômage augmentent inexorablement. La situation critique du pays mérite une réponse forte : il faut relancer le projet Grand Paris.

 

Paris, ville-monde, est connectée économiquement avec l'ensemble des autres métropoles mondiales de sa taille. La croissance mondiale passe dorénavant par ce réseau. Ce phénomène, grâce aux outils modernes de communication, va encore s'amplifier au cours de la prochaine décennie. Cette métropolisation de l'économie est une chance pour notre pays qui possède une capitale à visibilité mondiale. Certains élus locaux, comme le Maire de Lyon, Gérard Collomb, qui veut faire de son agglomération une métropole européenne, ont d'ailleurs bien compris ce phénomène de visibilité internationale.

Bertrand Delanoë, Maire de Paris, n'a pas pris pleinement la mesure de ce phénomène, et Anne Hidalgo, candidate à sa succession, concède tout au plus qu'il faudra dans son futur programme "une dose de Grand Paris" alors qu'il s'agit là de l'essentiel pour la France. C'est pourtant une évidence : le rang économique de la France dans le monde dépend de la visibilité de son agglomération capitale. Encore faut-il que celle-ci soit conservée et amplifiée.

Le projet Grand Paris initié par Christian Blanc et voulu par Nicolas Sarkozy avait pour but de répondre à ce défi en identifiant sept clusters économiques à rayonnement mondial, interconnectés entre eux et avec les aéroports par le métro Grand Paris Express. Ce projet, de par la construction des lignes et le développement de l'activité économique autour des gares au sein des clusters, devait générer 800 000 emplois.

Par manque de vision, sans doute, l'équipe gouvernementale actuelle et notamment Cécile Duflot, la ministre en charge du Grand Paris, ne semble pas avoir pris la mesure du projet, dont elle remet en cause l'homogénéité, notamment en termes de transports. Il y a pourtant urgence !

Que reste-t-il au gouvernement comme cartes à jouer pour relancer la machine France ? La compétitivité a déjà été maladroitement renforcée par un crédit d'impôt aux entreprises, là où il eut fallu baisser les charges sociales, hantise des patrons de PME. Les modestes avancées concernant la flexibilité du travail, négociées entre les partenaires sociaux, seront bientôt inscrites dans la loi.

Reste les réformes structurelles concernant la fonction publique et les professions protégées, réclamées à cors et à cris par nos partenaires européens qui les ont déjà réalisées et que François Hollande envisage à reculons, car elles impacteront fortement son électorat. Mais ces réformes, pour nécessaires et libératrices qu'elles soient, ne constituent pas à elles seules des moteurs de croissance et il ne faut pas trop compter actuellement sur la croissance européenne pour nous tirer de cette ornière.

Dans notre pays, la croissance a souvent été portée par des grands projets, qui ont permis le développement de secteurs économiques entiers. Ce rôle majeur de l'État est une particularité française, c'est aussi un atout, car il peut permettre de réagir vite et fortement lorsque les fondamentaux économiques du pays sont menacés, comme aujourd'hui. N'est-ce pas flagrant ? L'État doit reprendre les rênes et redonner une forte impulsion au projet Grand Paris, véritable accélérateur de croissance aux plans métropolitain et national.

Le gel du financement et le détricotage annoncé d'une partie du réseau Grand Paris Express laisse pourtant craindre le pire et des annonces gouvernementales attendues pour début mars devraient clarifier cette situation. Espérons que d'ici là un sursaut se produise afin que nous n'assistions pas au démantèlement du projet, dont l'homogénéité est essentielle et qu'enfin cette évidence apparaissent aux yeux de nos actuels gouvernants : pas de retour à la croissance sans le Grand Paris.

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